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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 03:10

Comme vous vous en doutez, ni le RMI, ni la Retraite, ni les Allocations Familiales, ni la SECU n’existent au Cambodge. Alors, pour survivre, certaines personnes doivent faire preuve d’énormément de courage pour gagner les quelques riels (0,7 euro = 1 dollar = 4100 riels, la monnaie locale) qui leur permettront de manger. Voici quelques unes de ces respectables personnes vous expliquant en quoi consistent ces petits boulots qu’on ne trouve qu’ici, au Cambodge (et peut-être aussi dans les pays limitrophes) :

 

1. Phalla, moto-dop :

Qu’est-ce qu’un moto-dop ?

Phalla : Un moto-dop, terme propre au Cambodge, c’est tout simplement une moto-taxi. En principe, il n’y a que 2 personnes sur la moto, vous et moi. Mais il m’est déjà arrivé de transporter, en même temps, 2 ou 3 clients sur ma fragile moto, voire même plus, si je compte aussi les enfants. A Phnom Penh, nous sommes des milliers à proposer nos services. Le moto-dop est peut-être le métier le plus répandu au Cambodge.

 

Comment devient-on moto-dop ?

Phalla : La profession n’étant pas réglementée, tout le monde peut se proclamer moto-dop pour autant que l’on dispose d’une moto. Même lorsque l’on ne possède pas de permis de conduire et même si l’on a jamais mis les pieds dans la capitale. C’est bien simple au Cambodge, tous les hommes ont été, sont ou seront moto-dop, un jour ou l’autre. Dans ce pays où la moyenne des salaires des fonctionnaires plafonne à 50 dollars, c’est un moyen comme un autre d’arrondir ses fins de mois. Policiers ou professeurs le matin, moto-dop aux heures perdues.

 

 

2. Sokuntha, conducteur de velo-taxi, sorte de tricycle avec un siège devant pour le passager :

Quel âge avez-vous ?

Sokuntha : J’aurai 74 ans, le mois prochain.

 

Et vous comptez faire ce métier encore longtemps ?

Sokuntha : Aussi longtemps que mes jambes me le permettront. Vous savez, la plupart de mes collègues sont aussi âgés que moi et nous n’espérons plus grand’ chose de la vie. Notre seul bien se résume à notre cyclo et par peur des vols, nous dormons le plus souvent à l’intérieur.

 

Etes-vous encore nombreux, à Phnom Penh ?

Sokuntha : Nous sommes effectivement de moins en moins nombreux, concurrencés par les moto-dops, plus rapides. Selon certaines sources, nous étions 9000, en 1999, à sillonner les rues de Phnom Penh mais maintenant, nous ne serions plus que 1300.

 

Quelle est votre principale clientèle ?

Sokuntha : Les Phnom Penhois n’utilisent nos services plus que pour de petites courses de proximité mais certains de nos clients y sont encore très attachés, en particulier, les femmes. Panier de légumes dans une main, portable dans l’autre, elles font souvent appel à nous au retour du marché.

 

 

3. Virak, coiffeur de rue :

Parlez-nous un peu de votre métier.

Virak : Eh bien, c’est simple. Tous les jours, même le dimanche, de 6h à 18 h, je reçois mes clients dans mon modeste « salon de coiffure » qui se résume à ce petit bout de trottoir de 2 m2. Je les installe dans ce vieux fauteuil, en face de ce miroir de récup, et avec mes ciseaux et rasoirs à peine rouillés, je leur fais une coupe de cheveux simple et rapide, pour seulement 3000 riels.

 

 

4. Sreydin, manucure-pédicure :

Comment en êtes-vous venue à exercer ce métier ?

Sreydin : Au début, c’est en regardant des copines pratiquer ce métier que je m’y suis intéressée. Et puis, petit à petit, j’ai appris sur le tas et quand j’ai eu un peu d’argent, j’ai pu m’installer sur les marchés où je loue un emplacement pour quelques dollars. Certaines de mes copines, elles, préfèrent se déplacer à domicile et tentent de survivre grâce à leurs réseaux de connaissances.

 

Et comment voyez-vous votre avenir ?

Sreydin : vous savez, au Cambodge, comme dans tous les pays du Sud-Est asiatique, les femmes, qu’elles soient riches ou pauvres, attachent une grande importance à leur apparence et un passage chez la manucure-pédicure est une dépense incontournable. Donc les clientes sont nombreuses, d’autant, que le prix est modeste, de l’ordre de 2 dollars pour des soins complets. Ainsi, j’espère bien avoir de plus en plus de clientes et comme toutes mes collègues, je rêve d’ouvrir un jour, mon propre salon de beauté. Avec de la chance, pourquoi pas ?

 

 

5 Sophy, petite vendeuse de bracelets à fleurs, au milieu d’un carrefour de Phnom Penh :

Bonjour, tu as quel âge ?

Sophy : J’ai 10 ans et demi.

 

Et tu ne vas pas à l’école ?

Sophy : Si mais que de temps en temps. Depuis que mon papa est parti avec une fille qu’il a rencontrée dans un bar, maman nous a demandé, à mon frère ainé Phido et à moi, de nous relayer ici à ce carrefour : quand je suis à l’école, lui, il vient ici pour enlever la poussière sur les voitures qui s’arrêtent au feu rouge, ceci dans l’espoir de recevoir quelques riels des conducteurs, et le jour suivant, c’est lui qui va à l’école, tandis que moi, j’essaie de vendre ici ces bracelets de fleurs qui servent à parfumer l’intérieur des voitures. Tu en veux un ?

 

Euh, oui, tu les vends combien ?

Sophy : normalement, 1000 riels, mais une fois, j’ai réussi à en vendre un, pour 2 dollars, à un barang (barang = étranger). J’étais super contente, et ma maman aussi ; cela lui a permis d’acheter quelques médicaments pour le dernier de mes 4 frères et sœurs qui est souvent malade.

Par Olivier - Publié dans : Notre vie au Cambodge
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